mardi 15 novembre 2011

Blanche nuit

Cette nuit, je me suis fait réveiller par mon chambreur. Rien de bien dramatique, il travaille tard. Il avait probablement un peu festoyé, ayant eu quelques difficultés à insérer la petite clé dans la fente prévue à son effet. C'est peut-être le soubresaut de dame nature qui pointe 9 degrés cette nuit?

Cependant, quelques heures plus tard, je ne trouve toujours pas Morphée. Mais où est-il? Et si j'embrassais sa sœur? Volontiers cette nuit, je me laisserais bercer par ses doux murmures, par ses caresses empressées, rêvassant de ses lèvres duveteuses sur mon corps allant.

Peut-être direz-vous qu'il est un peu tôt pour parler d'insomnie. Mais tout est relatif. Comme je ne connais que très rarement cette odieuse blague de la nuit qui nous commue le sommeil par une impromptue narcose, j'en profite pour coucher un petit rêve que je caresse indubitablement depuis bien longtemps.

J'ai toujours été musicien, d'aussi longtemps que je me souvienne. Mais hélas, depuis un temps vraiment trop long, je suis comme un peintre sans toile, un voilier sans voile. Les aléas de la vie obligent, pour ne pas dire par contrariété, je n'ai plus de quoi jouer. Mais je compte bien y remédier de meilleure heure. Et pourquoi pas du tout nouveau? Fantasme inassouvi, insatiable réprimande, j'ai toujours voulu caresser le violoncelle.

Pourquoi le violoncelle? Je ne sais pas. En fait si, je le sais. C'est l'instrument le plus sensuel qui soit, qui n'a d'égal en grâce et en beauté que la félicité d'une égérie. Sa tonalité, tantôt fine, tantôt, baroque me fait vibrer. Ses courbes élancées, la chaleur de son rouvre, la rougeur de son pelage sont tout autant d'allures qui m'enflamment et me renversent. Se tenant bien droit, empoigné fermement mais tendrement, je me laisse bercer par son délicat antiphone et je m'endors. 

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