Qu'est-ce qu'un assoiffé peut bien souhaiter d'autre que de l'eau? Que veut la vache si ce n'est que de l'herbe bien grasse? Le malade ne souhaite-il pas simplement se rétablir? L'amoureux souhaiterait-il autre chose que d'être réuni à sa bien-aimée? C'est donc au gré de la plénitude et de la convoitise que certaines choses subsistent. À ce propos, Noël c'est aussi le temps d'être romantique, ceci dit de laisser passer le rêve avant la réalité. Alors qu'importe les soucis, peu importe les ennuis, sans égard pour demain, cette nuit, aimons-nous, soyons joyeux, soyons heureux. C'est une pensée que j'aime bien.
Mes pensées vont aussi à ceux qui souffrent de solitude. Seuls ou en groupe, par sollicitude ou attitude, par choix ou par contrainte, elle frappe sans nulle distinction, du plus jeune au plus vieux, du plus pauvre au plus fortuné. Elle est étrange car elle dérange. De près ou de loin, elle inspire la méfiance tant elle est méconnue. Objet de médisance de nature sauvagesse, on dit d'elle qu'il nous faut l’apprivoiser pour s'en dégager.
Une chose me frappe cependant, même un sans-abri, ou plutôt quelqu'un qu'on ne veut pas loger, qu'on ne veut pas voir, même avec un simple souper de Noël, nous aide à oublier notre propre retraite. Pendant un court instant, nous nous sentons quelqu'un et ça nous fait du bien.
Bien que certains choisissent cette solitude, peut-être par nature solitaire ou pour soigner des blessures profondes, je suis d'avis que la plupart de ceux qui sont seuls en souffrent d'une façon ou d'une autre. Certaines personnes sont seules au milieu de la foule, d'autres loin des regards, tandis que pour diverses raisons, plusieurs au même instant sont seules, mais n'en souffre point.
Mais qu'elle est donc alors ce besoin de solitude qui cascade lorsque nous sommes trop sollicités? Pourquoi des gens la fuient alors qu'au même instant d'autres partent à sa recherche? Qu'elle est cette étrange tigresse aux milles facettes qui va et vient au gré du vent?